Suivi des tendances
Ce que cette vue apporte
Les analyses par sortie — états physiologiques, score de cohérence, zones d'effort — décrivent ce qui s'est passé sur un ride donné. La vue tendances répond à une question différente : comment l'entraînement évolue-t-il dans le temps ?
Elle agrège les données de toutes les sorties sur une période choisie et en fait ressortir les patterns : l'évolution du volume, la répartition des types d'effort semaine par semaine, les variations de cadence ou de puissance typique au fil des mois.
Le volume et sa structure
La première dimension suivie est le volume d'entraînement — kilométrage ou heures, selon la préférence. Mais plutôt que de présenter un total brut, ce volume est décomposé par état physiologique : quelle fraction était de l'endurance, de l'intensité, du travail en intervalles, de la récupération.
Cette décomposition est directement lisible sur un graphique empilé : une semaine entièrement bleue est une semaine d'endurance ; une semaine avec une barre orange ou violette marquée indique un travail plus intense ou structuré. Sur plusieurs mois, on voit apparaître les blocs de charge, les semaines de récupération, et l'équilibre global entre les différents types d'effort.
La granularité temporelle
La vue s'adapte automatiquement à la période sélectionnée. Sur un mois, chaque point correspond à une sortie individuelle — la granularité fine permet de voir le détail de chaque journée. Sur trois ou six mois, le regroupement par semaine lisse les irrégularités sans perdre les tendances hebdomadaires. Sur un an ou plus, la granularité mensuelle ou annuelle donne une lecture de fond, dégagée du bruit des variations locales.
Une courbe de tendance lissée est superposée sur les données brutes. Elle calcule une moyenne glissante sur une fenêtre adaptée à la période affichée, et permet de voir l'évolution générale indépendamment des semaines atypiques (maladie, déplacement, sortie exceptionnelle).
Les autres dimensions suivies
Au-delà du volume, la vue tendances couvre les mêmes variables que l'analyse par sortie, mais dans leur évolution :
- Cadence et développement — comment la cadence typique évolue au fil de la saison, si le style de transmission change.
- Fréquence cardiaque — les zones de FC par ride, la dérive éventuelle sur une période de fatigue.
- Puissance — pour les riders avec capteur : les zones de puissance semaine par semaine, la courbe de puissance maximale (MMP) sur plusieurs durées, et les grilles de densité bidimensionnelles agrégées sur la période (puissance × cadence, puissance × développement, puissance × fréquence cardiaque, pente × puissance). Ces grilles, cumulées sur l'ensemble des rides sélectionnés, révèlent les associations typiques de l'athlète : à quelle cadence il produit ses efforts intenses, quel développement il utilise à quelle puissance, comment son cœur répond à l'effort mécanique en moyenne sur la période.
Ce qu'on peut en lire
La valeur principale de cette vue est la détection des patterns récurrents et des dérives lentes — difficiles à voir sortie par sortie, évidentes sur plusieurs semaines ou mois.
Un rider qui croit faire du volume d'endurance mais dont la barre intensité grossit progressivement depuis trois semaines a une information concrète. Un plateau de puissance maximale sur 20 minutes sur deux mois, malgré un volume soutenu, indique que le travail aérobie ne se traduit pas encore en gains sur le seuil. Une baisse régulière de la cadence typique peut signaler une fatigue musculaire progressive ou un changement de configuration du vélo.
Ces observations ne portent pas de jugement en elles-mêmes — elles donnent les éléments pour en faire un.