Analyse détaillée
Zones de temps d'effort
Zones de puissance
Lorsque la puissance est disponible, la sortie est découpée en cinq zones calculées depuis la puissance maximale aérobie (PMA) du profil :
| Zone | Seuil | Nature de l'effort |
|---|---|---|
| Z1 | < 55 % PMA | Récupération active |
| Z2 | 55–75 % PMA | Endurance fondamentale |
| Z3 | 75–90 % PMA | Tempo, allure soutenue |
| Z4 | 90–105 % PMA | Seuil, effort lactique |
| Z5 | > 105 % PMA | Effort maximal, anaérobie |
Ces seuils sont calculés à l'importation du ride depuis le profil de l'athlète, ce qui garantit que les zones reflètent l'individu et non une grille générique. Si la PMA n'est pas renseignée, des plages absolues en watts servent de fallback.
Zones de fréquence cardiaque
Même principe pour la fréquence cardiaque, depuis la fréquence cardiaque maximale (FC max) :
| Zone | Seuil |
|---|---|
| Z1 | < 60 % FC max |
| Z2 | 60–70 % FC max |
| Z3 | 70–80 % FC max |
| Z4 | 80–90 % FC max |
| Z5 | > 90 % FC max |
La distribution de temps dans ces zones donne une lecture rapide de la répartition de l'effort sur la sortie — complémentaire à la segmentation en états physiologiques, qui elle tient compte de la structure temporelle et pas seulement des valeurs.
Courbe de puissance maximale (MMP)
La Mean Maximal Power (puissance moyenne maximale) répond à la question : quelle est la meilleure puissance moyenne que le rider a pu soutenir sur une durée donnée pendant cette sortie ?
Elle est calculée pour un ensemble de durées allant de 5 secondes à 1 heure. L'algorithme teste chaque fenêtre temporelle possible de la durée cible et retient la meilleure. Sur un effort de 5 secondes, c'est le pic d'accélération le plus intense ; sur 20 minutes, c'est le meilleur effort soutenu de la sortie.
La courbe qui relie ces points — du très court au très long — décrit le profil de puissance du rider : certains sont naturellement explosifs (courbe haute sur les courtes durées), d'autres plus diesels (courbe qui tient mieux sur les longues durées). Superposée sur plusieurs sorties, elle permet de suivre l'évolution des performances dans le temps.
Distributions de cadence et de vitesse
L'histogramme
La distribution de cadence représente le temps passé dans chaque plage de cadence sur l'ensemble de la sortie. Elle révèle les habitudes de pédalage : un pic net à 90 rpm indique un rider qui maintient une cadence régulière ; une distribution étalée sur 60–100 rpm révèle un pédalage plus variable, souvent lié au terrain ou au style.
La distribution de vitesse s'interprète de la même façon — les pics correspondent aux allures auxquelles le rider passe le plus de temps.
Le mode KDE
La moyenne arithmétique est une statistique fragile sur ces distributions. La cadence, par exemple, tombe à zéro en descente, à l'arrêt, ou quand le rider roue libre — des valeurs qui ne reflètent pas du tout le pédalage effectif mais qui tirent la moyenne vers le bas.
La plateforme utilise à la place le mode KDE (Kernel Density Estimation) : la valeur autour de laquelle les données sont le plus densément concentrées, en ignorant le bruit des valeurs isolées. Concrètement, une courbe lissée est ajustée sur l'histogramme brut, et le sommet de cette courbe est retenu comme valeur typique.
La largeur du lissage est calibrée automatiquement selon la règle de Scott, qui adapte la précision au volume et à la dispersion des données. Le résultat est une estimation de la cadence de pédalage typique — celle que le rider adopte naturellement quand il pédale vraiment.
Détection des régimes multiples
Certaines sorties présentent non pas un mais deux régimes distincts. Un rider qui alterne entre le plat à 90 rpm et les montées à 70 rpm aura une distribution de cadence bimodale — deux bosses séparées par une vallée, au lieu d'un pic unique.
La méthode détecte automatiquement ce cas en cherchant plusieurs maxima locaux sur la courbe KDE, puis en mesurant la profondeur de la vallée entre eux. Une vallée peu marquée indique une distribution continue sans rupture nette — le rider glisse progressivement d'un régime à l'autre. Une vallée profonde indique deux régimes vraiment distincts, caractéristique d'une sortie avec des profils de terrain contrastés ou d'une séance qui alterne délibérément entre deux allures.
Quand deux régimes distincts sont détectés, les deux valeurs modales sont affichées séparément plutôt qu'une seule valeur typique. Cette information s'applique à la cadence, à la fréquence cardiaque et à la vitesse.
Grilles de densité 2D
Les distributions classiques montrent une seule dimension à la fois. Les grilles de densité 2D croisent deux variables simultanément et affichent la densité de temps passé dans chaque combinaison de valeurs.
Ce qui est mesuré
Chaque point de la grille représente une combinaison de deux valeurs (par exemple, une pente de +4 % avec un développement de 5 m/tour). La taille de la bulle est proportionnelle au temps passé dans cette combinaison exacte sur l'ensemble de la sortie.
Les grilles disponibles
Toujours présentes si la cadence est enregistrée :
- Pente × développement — révèle les rapports effectivement utilisés sur chaque type de terrain. Un rider qui garde le même développement en montée et en plat, ou qui pédale en descente avec un grand braquet, se voit clairement ici.
- Pente × cadence — montre si la cadence varie avec le terrain ou reste constante.
- Cadence × développement — résume les associations typiques vitesse/braquet/cadence, signature du style de transmission.
Présentes si la puissance est enregistrée :
- Pente × puissance — comment la puissance est distribuée selon le terrain.
- Puissance × cadence — la relation entre effort et régime de pédalage, révélatrice du style biomécanique.
- Puissance × développement — effort en watts croisé avec le rapport utilisé.
- Puissance × fréquence cardiaque — la relation entre effort mécanique et réponse cardiovasculaire, utile pour observer la dérive cardiaque sur la durée.
Comment les lire
Chaque grille fait apparaître des zones de concentration — là où le rider passe la majorité de son temps. L'absence de points dans certaines zones est aussi informative : un rider qui n'a jamais de point dans la zone pente élevée / cadence haute n'accélère pas en montée.
La ligne de tendance superposée sur chaque grille matérialise la valeur moyenne de l'axe vertical pour chaque valeur de l'axe horizontal — elle synthétise la relation générale sans masquer la dispersion.