Détection et qualification des montées
Le principe
Détecter une montée depuis le GPS ne suffit pas à comprendre ce qui s'y est passé. La plateforme combine deux analyses distinctes : une détection géométrique qui identifie les segments de montée dans le tracé, et une qualification physiologique qui croise ces segments avec les états du rider pendant cet effort.
Détection géométrique
La pente est calculée sur des fenêtres glissantes de 200 mètres pour lisser le bruit inhérent à l'élévation GPS — un calcul mètre par mètre produirait des faux positifs constants sur terrain plat.
Une séquence est considérée comme une montée dès que la pente lissée dépasse 2 %. Les micro-interruptions sont tolérées jusqu'à 300 mètres de faux plat, pour ne pas découper un col en plusieurs fragments à cause d'un lacet horizontal ou d'une courte portion plane. En revanche, une descente nette coupe la montée immédiatement.
Un filtre final élimine les segments trop courts pour avoir une signification réelle : seules les montées d'au moins 30 mètres de dénivelé positif et deux minutes de durée sont retenues. Un filtre de vitesse effective écarte également les segments qui incluent un arrêt prolongé — si la vitesse moyenne est anormalement basse, le segment contient une pause et ne représente pas un effort continu.
Qualification par les états physiologiques
Une montée détectée géométriquement ne dit rien sur la façon dont elle a été abordée. La qualification croise chaque segment de montée avec les états physiologiques du rider pendant cette période.
Pour chaque montée, la répartition du temps entre les états est calculée par intersection temporelle : si une montée de 15 minutes chevauche 10 minutes d'intensité et 5 minutes d'endurance, sa distribution est 67 % intensité / 33 % endurance, et son état dominant est l'intensité.
Cette qualification donne une lecture directe de la nature de l'effort :
- Dominant intensité — montée attaquée ou maintenue à haute puissance, effort lactique soutenu
- Dominant endurance — montée gérée, allure maîtrisée, effort aérobie
- Dominant récupération — montée très douce, rider en train de souffler
- Dominant intervalle — montée avec des variations d'allure marquées, pointes et relâches successives
Ce que cette combinaison révèle
La géométrie et la physiologie répondent à des questions différentes. La géométrie dit où et combien — pente moyenne, dénivelé, distance. La physiologie dit comment — dans quel état le rider était, à quel niveau d'effort, avec quelle régularité.
Deux riders qui gravissent le même col avec le même temps peuvent avoir des profils physiologiques radicalement différents : l'un en intensité soutenue régulière, l'autre en alternances d'accélérations et de relâches. La qualification des montées rend cette différence visible.
Ce que ça donne en pratique
Chaque sortie comporte une liste des montées retenues, chacune présentée avec ses données géométriques (pente moyenne, dénivelé, distance) et son état dominant. Sur une sortie avec plusieurs ascensions, il est immédiatement visible quelles montées ont été abordées à fond, lesquelles ont été gérées, et si le style d'effort était constant d'une montée à l'autre ou s'il a évolué au fil de la sortie — signe éventuel de fatigue ou de gestion délibérée de l'effort.