Méthodologie analytique — Introduction
Pourquoi ces analyses ?
Les métriques classiques d'un ride — distance, dénivelé, puissance moyenne, fréquence cardiaque moyenne — décrivent ce qui s'est passé en chiffres, mais répondent rarement à la vraie question : est-ce que cette sortie correspond à ce que je voulais faire, et comment mon organisme l'a-t-il vécue ?
Une puissance moyenne de 200 W peut décrire une sortie en endurance parfaitement régulière ou une séance d'intervalles avec des pics à 350 W séparés par des récupérations actives. La moyenne est la même. La réalité physiologique est radicalement différente.
L'approche de cette plateforme part de là : plutôt que d'accumuler des statistiques globales, elle cherche à caractériser la structure interne d'une sortie — les phases qui la composent, leur enchaînement, leur cohérence avec l'intention déclarée.
Les trois niveaux d'analyse
Les états physiologiques constituent le socle. Chaque sortie est découpée en segments continus, chacun étiqueté selon ce que l'organisme était en train de faire : récupération, endurance, intensité soutenue, ou travail en intervalles. Ce découpage est dynamique — il suit le signal réel seconde par seconde, pas des zones prédéfinies.
Le score de cohérence s'appuie sur ce découpage pour répondre à une question simple : dans quelle mesure cette sortie ressemble-t-elle à ce que vous vouliez en faire ? Il confronte la structure observée (répartition des états) à l'objectif déclaré et au niveau d'engagement visé.
L'analyse détaillée complète le tableau avec les distributions de puissance, de fréquence cardiaque et de cadence — y compris la détection des régimes typiques de pédalage — et des cartes de densité bidimensionnelles qui révèlent les associations habituelles entre effort, cadence, développement et terrain.
L'empreinte visuelle d'une sortie
Chaque sortie génère une forme unique — une silhouette organique qui encode visuellement sa structure énergétique. Cette forme n'est pas décorative : elle est la projection géométrique directe de la répartition des états physiologiques.
La forme est construite autour de cinq axes disposés en étoile : endurance, intensité, intervalle, récupération, et un cinquième axe qui représente la variété de l'effort sur l'ensemble de la sortie. L'étendue de la forme sur chaque axe correspond à la fraction de temps passée dans cet état. Une sortie d'endurance pure sera large vers le haut et étroite ailleurs ; une séance d'intervalles développera une pointe caractéristique sur l'axe correspondant.
La couleur reflète l'intensité globale : les sorties douces tendent vers le bleu, les sorties intenses vers des teintes plus chaudes. La texture de surface — lisse ou rugueuse — encode la variété de l'effort : une surface lisse indique un effort régulier et prévisible, une surface grainée un effort plus chaotique ou multiforme.
Deux formes visuellement proches correspondent à deux sorties structurellement similaires — même si leurs chiffres bruts diffèrent.
Comparer deux sorties
L'analyse d'une sortie isolée a ses limites. Mettre deux sorties en regard — même parcours à quelques semaines d'intervalle, même type de séance sur des périodes différentes — révèle des évolutions que les valeurs absolues ne montrent pas.
La plateforme calcule automatiquement un score de similarité de structure entre deux sorties comparées. Ce score mesure à quel point leurs répartitions d'états physiologiques se ressemblent : deux sorties à 75 % endurance / 20 % intensité / 5 % récupération sont structurellement proches, même si leurs chiffres bruts (distance, puissance moyenne) diffèrent. À l'inverse, une sortie endurance longue et une séance d'intervalles auront un score de similarité bas, quelle que soit leur durée respective.
Ce que cette documentation n'est pas
Elle n'est pas un cours de physiologie, ni un manuel de référence des zones d'entraînement. Les méthodes décrites ici ont été conçues pour être robustes face à des données incomplètes ou imparfaites (absence de capteur de puissance, GPS approximatif en forêt, pauses en plein effort), et pour rester interprétables sans formation technique particulière.
Chaque section explique ce qui est mesuré, comment la mesure est construite et ce qu'elle signifie en pratique — sans entrer dans les détails paramétriques fins.